Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/04/2014

Être une femme en 2014

Je n'ai pas vraiment les mots pour décrire ce que j'ai vécu ce soir. 

Tranquille dans le métro, habillée le plus simplement de monde. Entendez par cela pas de jupe, robe moulante mais jean, bottines et pull. Le côté provocant on oublie.

Une bande de mecs (20/22 ans)) rentrent dans la rame de métro, bruyants, alcoolisés mais rien que je n'ai déjà vu.

Assise tranquille dans mon coin, casque sur les oreilles je ne regarde que mes pieds.

Et c'est là que cette bande s'approche de moi, commence à vouloir entamer la discussion. Discussion que avec un léger sourire et un "non, merci" je décline. Ils insistent, parlent de moi comme si je n'étais pas là à base de "la salope je la baise" "Alors ma mignonne on fait sa timide mais on va venir s'éclater avec nous, hein on va enlever ses vêtements"(rien que d'écrire ces mots les larmes sont là). La salope c'est moi, la fille polie qui n'a rien dit.

Je suis écoeurée

Je me lève, je change de rame.

Ile me suivent

Le métro est loin d'être vide je me sens donc rassurée.

J'écris à vif, sous le coup de la colère et la rage.

Les mecs s'approchent, se placent un à un autour de moi et posent leur mains sur moi. Mes seins, mes fesses.

Vous savez ce que vous ressentez à ce moment là ? Vous êtes totalement choquée, vous ne savez plus quoi faire, vous vous glissez sur le côté en tentant d'échapper à cela, vous regardez autour de vous en appelant du regard les gens qui sont là. Mais les gens baissent les yeux, les gens ne veulent pas être mêlés à ça.

Je crois que ça a du durer que 5 min mais ces 5 minutes je m'en souviens.

Alors je leur crie dessus, je crie le plus fort possible et je donne des coups de pieds, je tape, je deviens folle.

Le métro s'arrête et là au moment où j'en sors je tombe nez à nez avec une équipe de vigiles qui monte dans la rame.

En moins de 2 minutes, les sales types se retrouvent embarqués et moi je suis les vigiles.

Il ya 1 semaine je parlais avec ma meilleure amie du fait que je trouvais que être une femme était de plus en plus dur : entre remarques sexistes, regards vicieux, insultes etc…. A 34 ans je baisse les yeux quand je croise une bande de mecs car je redoute toujours le petit truc qui peut déraper.

Je ne fais pas une généralité, mais j'ai peur c'est une certitude.